Tests de débit sur antennes Free Mobile autour de la liaison Wimax 3,5Ghz

Vous le savez bien ses derniers jours, l'information a été marquée par la révélation exclusive d'antennes Wimax bidirectives 3,5Ghz chez Free Mobile assumant le transport des données 3G/4G d'un point à un autre. Nous vous avons promis qu'on reviendrait pour présenter des tests de débit permettant de s'assurer que la liaison Wimax à haut débit fonctionne bel et bien.

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Recyclage fréquences Wimax pour Free Mobile : IFW est là !

Avant d'interpréter les premiers résultats de débit, il faut faire un point sur les raisons qui ont poussé le groupe Iliad/Free à lancer cette nouvelle technologie de faisceau hertzien dans la bande de fréquence 3,5Ghz. D'une part, le groupe possède un spectre de fréquences dédié au Wimax qu'il utilise peu, et il existe pas mal de quartiers couverts en Wimax cellulaire, mais ce n'est pas destiné au grand public puisqu'il n'y a pas de smartphone compatible, c'est surtout utilisé pour faire du point à point entre plusieurs bâtiments d'entreprise par exemple.
Comme nous vous l'annoncions dans nos précédents articles, les lieux où sont installés les antennes bi-directionnelles Wimax ne sont pas choisis par hasard.
Il s'agit pour le point A (départ), alimenté par une liaison en fibre optique ou SDSL 4 paires de cuivre, de transmettre grâce aux équipements au sol, les données (octets) vers la première antenne directive, en plus d'envoyer les octets vers les antennes Free mobile sur ce même point. 
Le point B (arrivée) est situé dans une zone où les connexions ADSL ne permettent pas d'agréger des paires de cuivre SDSL, car l'atténuation est trop importante et supérieure à 70db dans notre cas. La solution Wimax peut convenir parfaitement même en dessous de 70db à partir du moment où le SDSL ne suffit pas à fournir des débits suffisants, et qu'il faut augmenter la bande passante du support en question.

Le point B réceptionne le signal grâce à la 2ème antenne Wimax bi-directionnelle, et l'envoie vers les équipements au sol. L'infrastructure s'occupe de transmettre le signal vers les panneaux cellulaires Free Mobile, dans notre cas, elles sont au nombre de 3 à des azimuts différents.
Par nature, l'antenne Wimax s'occupe de faire le trajet inverse en envoyant des données vers le point A, équipement au sol, liaison optique ou xdsl, et enfin réseau de collecte de l'opérateur (internet). 
Les 2 antennes Wimax émettent et reçoivent en permanence des informations qu'elles transitent à la vitesse de la lumière. Vous bénéficiez ainsi d'une connexion fiable en téléchargement, envoi de données, avec un ping acceptable sans trop de différences par rapport au point initial.

Idéalement, la technologie SDSL permet d'agréger jusqu'à 8 paires de cuivre avec des débits symétiques et garantis d'au moins 40 mégabit/s, avec toujours le même problème d'affaiblissement. Certains fournisseurs SDSL proposent même des débits jusqu'à 60 mégabit/s.
Selon nos informations, le SDSL fournirait à peine 512 kbit/s symétrique à environ 70db avec 2 paires de cuivre, et cela dépendrait également de l'équipement DSLAM du fournisseur d'accès à internet dans le NRA (noeud de raccordement abonné) ou encore local France Telecom. A 50db, on pourrait atteindre 1 à 2 mégabits symétique sur 2 paires, pas de quoi fournir une technologie 3G/4G de qualité, avec des connexions simultanées. Les opérateurs mobiles utiliseraient des répéteurs SHDSL ou SDHSL.bis point à point qui permettraient de regénérer entièrement le signal DSL pour doubler la distance de transmission, mais ce cas s'appliquerait plutôt pour les pylônes situés à moins de 55db.

Les liaisons SDSL pour les antennes relais seraient dotés d'une connexion 4 paires de cuivres fournie par France Télécom avec en plus une ligne ADSL de supervision en cas de problème. La technologie SDSL EFM (Ethernet in the first mile) permet typiquement d'atteindre jusqu'à 5 mégabits symetriques par paire de cuivres, donc jusqu'à 20 mégabit/s dans la plupart des cas, avec 4 paires vers une une antenne de téléphonie mobile GSM/UMTS : pas de quoi révolutionner la 4G LTE, 4G+ LTE Advanced ou la prochaine 5G. C'est pourquoi, les opérateurs mobiles doivent privilégier le maillage de leur réseau en fibre optique, faisceau hertzien vers fibre, ou point à point Wimax qui permettrait d'atteindre jusqu'à 1 Gigabit/s à la vitesse de la lumière avec la dernière norme 802.16m.


A gauche, une antenne cellulaire Free
A droite, une antenne Wimax directive (FH)

Antenne Relais Free Mobile   Antenne Wimax Free mobile



Place aux premiers tests de débit Wimax FH

Tout d'abord, nous tenons à remercier Rémy qui a contribué à cette exclusivité. On vous rappelle que la liaison radio hertzienne entre point A et B est estimée à environ 5 à 6 km à vol d'oiseau. D'autre part, le point B est situé à plus de 70db d'atténuation du répartiteur France Télécom, également dégroupée par FREE. Les antennes relais sont exploitées dans la bande de fréquence 900Mhz et 2100Mhz. Sur la région du point B, les opérateurs mobiles Bouygues Télécom et France Télécom utilisent des faisceaux hertziens à haute fréquence pour distribuer du GSM et UMTS.
Les premiers tests de vitesse sur panneau cellulaire présent sur le point Wimax B, non rélié par le réseau cuivre traditionnel (DSL), indiquent une vitesse de 6,5 mégabit/s en download, 0,70 mbit/s en upload et un ping compris entre 104 et 124ms. Cette première série de plusieurs tests a été réalisée à 9H du matin.

Seulement 30 minutes plus tard, une deuxième série de tests sur le point Wimax A, là où une liaison xDSL ou Optique est confirmée, dévoile des débits de 10 mégabit/s en téléchargement en moyenne, 0,73 mbit/s en émission ainsi qu'un ping minimum de 91 qui peut monter jusqu'à 132 ms.

Nous avons testé à proximité d'un 3ème site Free Mobile, et avons obtenu le même type de résultat que le second test.

Nous pouvons en déduire un débit relativement satisfaisant pour le support où se situe l'antenne Wimax B avec quasiment pas de perte de temps de réponse sur serveur distant (ping) et un upload quasiment similaire. Le débit en téléchargement est quant à lui un peu impacté avec une baisse de 3,5 mégabit/s par rapport au point A (relié en fibre optique ou agrégation SDSL). 

Nous avons conduit une réflexion sur un potentiel bridage des connexions en upload, à 0,7 mégabit/s afin de répartir les ressources pour tous. D'autres tests de débit circulant sur internet sont plafonnés à 1 mégabit/s, cela dépendrait de la capacité maximum de la liaison et pour mieux gérer le trafic.
Ceci étant, d'autres tests d'ici 1 semaine, à plusieurs heures de la journée, nous conduirons à conforter la réalité, mais nous estimons déjà avoir découvert l'essentiel. L'opérateur Free Mobile a trouvé une bonne solution de transport de données pour fournir du débit aux possesseurs de smartphones, dans les zones rurales loin du NRA où le faisceau hertzien (ondes millimétriques) reste le meilleur compromis. Vive la régénération des fréquences Wimax en système de point à point pour la 3G/4G/5G.

Rappelons que le 4ème opérateur peut utiliser sa propre fibre optique (Free Infrastructure), la fibre noire de SFR ou de France Télécom, en plus de l'agrégation SDSL de l'opérateur historique pour la connectivité de ses antennes au réseau internet. La filiale IFW s'occupe quant à elle de l'implantation des nouveaux pylônes et de l'utilisation du spectre de fréquences dédié au Wimax.

 

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